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  • CHAMPAGNE : LES INCONTOURNABLES DE L'ANNEE

    Prix d’Honneur : 26
    Prix d’Excellence : 17
    Satisfecits : 31
    - Lauréats : 29
    Espoirs : 8
     

    J'ai rarement eu autant de plaisir que cette année en débouchant ces cuvées champenoises. De la plus fantastique (Krug rosé, en l’occurence) à la plus abordable, on sent que les Vignerons et maisons retenus sont parvenus à une maîtrise certaine de leur art, chacune, bien entendu, évoluant dans des sphères qualitatives différentes. Mon Classement 2012 est donc entièrement actualisé, et vous montre le véritable visage de la Champagne, qui tient compte de la qualité, du Prix, de la régularité, de l’accueil et de la passion des hommes. C’est ce qui fait tout son intérêt ; récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, ceux qui respectent les consommateurs. L’image de marque n’est plus suffisante, c’est la régularité qualitative et des Prixjustifiés (ou pas) qui comptent. Vous allez retrouver notamment ces grands coups de cœur dans la catégorie des Deuxièmes Grands Vins Classés, particulièrement riche.

    Il faut évidemment considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouve dans le Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagneque l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. Bien que l’on en parle moins (à tort), le terroir, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne. À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison, cave ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont, outre l’art fondamental de l’assemblage que signe la main de l’homme, les incontournables Vins de réserve, que l’on ajoute à des Vins plus jeunes. On ne fait un grand vin que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.

     

    61-2.jpgComme partout également, on trouve aussi des cuvées bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs distributeurs, et des cuvées de concours qui masquent l’ensemble de la production, faute de savoir-faire ou d’approvisionnements adéquats. Certains négociants sont dans ce cas, de plus en plus de producteurs se réservant leurs meilleures cuves ou raisins pour vendre en direct (on les comprend). Il y a aussi des cuvées bien trop chères, difficilement cautionnables, donc. Attention aussi aux nombreuses marques qui appartiennent à certains “faiseurs”. Ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de cette hiérarchie, comme d’autres, qui sont dirigés par des responsables de groupes qui vendent du Champagne comme de la lessive…

     

    Les Premiers Grands Vins Classés

     

    Il y a peu de maisons qui atteignent le haut du pavé cette année, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-Prix-régularité. La plupart sont des maisons familiales, et qu’une seule coopérative y est présente. Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”.

     

    2004-2.jpgPas si facile pour Roederer ou Pol-Roger de rester au “top” depuis longtemps, d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur Prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les Prix atteints par certaines cuvées de “prestige” à 200 ou 300 €, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base chères qui n’ont pas grand intérêt. Celles que nous mettons au sommet sont aussi des maisons qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et ce n’est pas le plus facile. Aux côtés de maisons incontournables (Taittinger, Charles Heidsieck, Gosset...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-Prix indéniable (Thiénot, Ellner, De Sousa, Veuve A. Devaux).

     

    54.jpgChaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à sa place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que le rapport qualité-Prix prime et explique bien des choses, exceptions obligent : Krug, par exemple, atteint les sommets qualitatifs et des Prix tout aussi majestueux (500 € pour le Clos du Mesnil) et je le mets pourtant en tête. C’est le meilleur, selon moi, en faisant abstraction du Prix, comme Petrus. De Telmont, lui, bénéficie avec la cuvée O.R. 1735 d’un rapport qualité-Prix-plaisir exceptionnel. Ils sont tous les deux au sommet, et l’un comme l’autre le méritent bien sans être “comparables”. Tout aussi méritante, la savoureuse cuvée des Caudalies de De Sousa, et l’extraordinaire cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck. Le Prix intervient donc logiquement dans cette hiérarchie, et cela explique que des maisons moins connues côtoient des marques plus réputées mais que des marques très réputées sont aussi à des Prix très attractifs. C’est le plaisir qui compte, la régularité et... l’accessibilité. 

     

    Car les Prix, cela compte, avec leurs différences : la très belle cuvée D de Devaux est beaucoup plus accessible en effet (50 €) que l’exquise cuvée Grand Siècle de Laurent-Perrier à 170 €... Ce sont pourtant deux grandes cuvées, procurant chacune un plaisir réel, et il y a donc bien une notion de Prix qui doit entrer en compte pour “classer” l’une et l’autre. Faut-il donc payer parfois 2, 3, 5 fois plus cher ? Vous seul pouvez être juge.

     

    Les Deuxièmes Grands Vins Classés

     

    C’est vraiment une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque unique avec un exceptionnel rapport qualité-Prix-plaisir. Une hiérarchie forte se met également en place à l’intérieur de cette catégorie, les Premiers des “Deuxièmes” étant aussi intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Deuxièmes”, et ainsi de suite. 

    Quand je déguste leurs cuvées, notamment “à l’aveugle”, j’hésite à chaque fois de faire passer un bon nombre de ces propriétaires au sommet (ils ont un *), notamment ceux qui sont dans le peloton de tête de cette hiérarchie, élevant des cuvées les unes plus séduisantes que les autres, garantes d’une typicité et d’une régularité qualitative exemplaires à des Prix remarquables (Gonet-Sulcova, Charles Mignon, Delaunois, De Lozey, Lombard, Prin, Gaston Chiquet..), un bon nombre exploitant des terroirs situés en Grands (et Premiers) Crus, ceci prouvant que, ici comme ailleurs, la force du terroir est primordiale, avec l’art de l’assemblage, les stocks et l’élevage. Pierre Mignon, Jacques Busin, Legras et Haas et Maurice Vesselle atteignent également la tête de cette hiérarchie, ce qui les place à un haut niveau, très mérité.

    À leurs côtés, très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), ceux qui bénéficient également de rapports qualité-Prix-typicité exceptionnels, et peuvent prétendre aux plus hautes places (Ralle, Drappier, Gimonnet, Laurent-Gabriel, Michel Lenique, Daniel Caillez, Bardoux, Jean-Marc Charpentier...).

    Quelques coopératives travaillent remarquablement (Vincent d’Astrée, Beaumont des Crayères, Prestige des Sacres...) et peuvent être fières de signer de telles cuvées. Elles font frissonner, à juste raison, des marques plus connues qui ne sont qu’une façade sur l’étiquette ou des Vignerons imbus d’eux-mêmes, multipliant des cuvées sophistiquées... À la suite, une bonne centaine de maisons,caves et Vigneronsfer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue laChampagne depuis 30 ans, chacun avec sa spécificité, chacun pouvant mériter mieux...

     

    Les Troisièmes Grands Vins Classés

     

    Certains peuvent monter dans la catégorie supérieure, et sont en position “d’attente”, d’autres, parfois, ont proposé des cuvées plus décevantes en dégustation, sur le plan de la qualité-régularité-Prix. 

    Actualité du vignoble
    Classement Champagne 
    Tout savoir sur le vignoble
    Vignerons sélectionnés

     

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Champagne !

    2004-2.jpgL’histoire du Champagne

     

    L’existence de la vigne en Champagne remonte aux temps les plus anciens. Déjà les légions du grand César contribuèrent à en développer la culture. Au Moyen Âge, le vignoble fut illustré par saint Rémi, apôtre des Francs et évêque de Reims, grand précurseur de la renommée du vin “de rivière”, définissant à l’époque les vignobles des versants qui dominent les berges de la Marne aux environs d’Épernay et d’Hautvillers, et servi aussi bien, selon Roger Dion, dans son Histoire de la vigne et du vin en France, à un festin que décrit le Tournoi de Chauvency, qu’aux côtés du vin de Beaune “sur les tables d’apparat qu’on dresse à Reims en 1321 pour le sacre de Charles IV, en 1328 pour le sacre de Philippe VI”. On y distinguait d’ailleurs les autres crus d’Ay, de Cumières et de Damery (voir les poèmes d’Eustache Deschamps).

     

    La montagne de Reims, quant à elle, ne connaîtra la gloire que plus tard, vers la fin du xvie siècle. Il n’était pas question alors de vin de mousse, ni de vin de “Champagne”, mais d’un vin tranquille dénommé “vin de France”, appartenant à une province viticole dont l’étendue correspondait à la partie du massif tertiaire parisien qui se déploie au nord de la Beauce, de Mantes à la montagne de Reims, en passant par les coteaux du Laonnois et du Soissonnais. Déjà, l’on se rendait compte des bienfaits des relations publiques pour aider les heureuses dispositions de la nature, en faisant appel (au grand dam des Bourguignons qui monopolisaient le marché des vins de qualité) à la faveur des puissants.

     

    Du pape Léon X à François Ier, d’Henri VIII d’Angleterre au bon roi Henri, sire d’Ay et de Gonesse, Boileau et Louis-Roger Brûlart, marquis de Villery, plus tard, les grands du royaume se mirent à promouvoir (objectivement ou non) le vin de Champagne, rouge surtout. Le médecin Le Paulmier se plut à décrire cet engouement en précisant que les vins issus du Pinot noir (les “clairets”) “tiennent le premier rang en bonté et perfection sur tous les autres vins…”. Prenant la vedette aux modèles bourguignons, celui de Beaune était dès le xve siècle le vin rouge et noble par excellence. La renommée du vin de Champagne acquiert ses lettres de noblesse au Grand Siècle (XVIIe siècle).

     

    Aux historiens de l’époque le soin de s’engager en disant que le vin rouge de Champagne fut supérieur à celui de Beaune. Pas sûr que le climat moins indulgent du premier ait pu réellement gêner la qualité du second. Qu’importe ! La destinée de la région de Champagne en profita pour s’affermir, et l’on sait aujourd’hui que le pays ne s’orientait que vers la production d’un tout autre vin, propre à lui-même et non concurrent des seigneurs rouges de la Bourgogne. Passons sur les efforts et l’habileté des vinificateurs du moment qui parvinrent peu à peu à “faire” du vin gris, presque blanc, tant au château de Sillery qu’à l’abbaye d’Hautvillers. Passons encore sur les hautes recommandations dont bénéficièrent les crus champenois. Même Chaptal laisse entendre qu’ils n’en ont point manqué quand il écrit que les vins sont largement redevables de leur célébrité aux grands seigneurs qui accompagnèrent Louis XIV à son sacre. Ce qui prouve aussi que leur qualité était bien réelle. “En outre, on remarque bien vite, poursuit Roger Dion, qu’en dépit de la précaution qu’on prenait de loger les vins gris dans des futailles neuves, le contact du bois, à la longue, ne leur était pas bon (…) et que le moyen le plus sûr de préserver leurs arômes était de les conserver en des flacons de verre, soigneusement bouchés.” En parallèle, on s’aperçut que dans son récipient de verre, le vin, de lui-même, devenait mousseux. Intervint le légendaire mais réel Dom Pérignon, procureur de l’abbaye d’Hautvillers, à qui revient surtout le mérite d’avoir amélioré la culture de la vigne, créé les assemblages de différents raisins, et sans doute maîtrisé humainement et régulièrement cette effervescence (voir “la méthode champenoise”).

    Classement Champagne 

    C’est l’avènement du vrai vin de Champagne tel que nous le connaissons, dont Voltaire témoigne en 1736 et Alfred de Vigny en 1853 (“dans la mousse d’Aï luit l’éclair d’un bonheur”). Les vins tranquilles sont devenus vins de joie, et l’effet réjouissant de leur pétulance les fit rapidement adopter.

     

    Une dernière chose qui nous permettra d’enchaîner : durant toute cette belle histoire, le sens commercial des négociants de la région de Champagne, qui déployèrent toute leur énergie à maintenir ou développer leurs ventes en France et à l’étranger, fut bien sûr l’autre facteur d’importance qui contribua – avec le caractère distinctif du vin à mousser – à porter la bonne parole.

     
     
     


     

    Le vignoble

     

    Le vignoble champenois (32 000 ha) comporte quatre zones : la montagne de Reims, la vallée de la Marne, la Côte des blancs et les vignobles de l’Aube. Les trois premières, correspondant aux arrondissements de Reims et d’Épernay, au cœur même de la région champenoise, en forment la partie essentielle, celle où se situent les crus les plus réputés. Les vignes y serpentent à flanc de coteau en un long ruban de 120 km, sur une largeur de 300 m à 2 km.

     

    - La montagne de Reims fait partie de la falaise de l’Île-de-France. Elle constitue le versant méridional de la vallée de la Vesle, et s’étend jusqu’à la vallée de la Marne qu’elle surplombe à hauteur d’Épernay. C’est un vaste plateau, à faible relief, d’une longueur variant de 20 à 25 km et d’une largeur variant de 6 à 10 km. Parmi ses meilleurs crus on peut citer Ambonnay, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Louvois, Mailly-Champagne, Sillery, Verzenais et Verzy.

     

    - Dans la vallée de la Marne les vignobles sont établis principalement entre Tours-sur-Marne et Dormans, et se prolongent jusqu’à Château-Thierry et au-delà, c’est-à-dire jusque dans l’Aisne. On y trouve des crus renommés tels que Ay et Mareuil-sur-Ay.

     

    - La Côte des Blancs, ou côte d’Avize, ainsi appelée parce qu’elle produit presque exclusivement des raisins blancs, est orientée face à l’est. C’est une seconde falaise perpendiculaire à la montagne de Reims, moins élevée, qui, au sud d’Épernay et de la Marne, s’étend sur environ 20 km nord-sud. Les meilleurs crus en sont Avize, Cramant, Oger et Le-Mesnil-sur-Oger. Elle se prolonge par la Côte de Vertus, la région de Congy et la Côte de Sézanne.

     

    - Séparé de l’ensemble marnais par la plaine de Champagne, le vignoble de l’Aube est établi dans la région de Bar-sur-Seine et de Bar-sur-Aube.

     
     
     

    TOP MAISONS ET VIGNERONS DE CHAMPAGNE

    Cliquez sur l'appellation pour accéder aux vignerons retenus dans le GUIDE DUSSERT-GERBER cette année

    Henry ABELÉ
    Jil ACCARIES
    Xavier ALEXANDRE
    Michel ARNOULD et Fils
    Pierre ARNOULD EARL
    ASPASIE
    AUTRÉAU-LASNOT
    Jean BAILLETTE-PRUDHOMME
    Paul BARA
    BARDY-CHAUFFERT
    Brigitte BARONI
    BARTHÉLÉMY
    Michel BEAUCHAMP
    BEAUMONT des CRAYÈRES
    Paul BERTHELOT
    Hubert BILLIARD
    BLONDEL
    BOLLINGER
    BONNAIRE
    BOULARD-BAUQUAIRE
    BOURDAIRE-GALLOIS
    BOURGEOIS-BOULONNAIS
    Christian BOURMAULT
    Château de BOURSAULT
    BRESSION Sébastien
    BRIXON-COQUILLARD
    Michel BROCARD
    Edouard BRUN & Cie
    Guy CADEL
    Daniel CAILLEZ et Fils
    CANARD-DUCHÊNE
    Lionel CARREAU
    de CASTELNAU
    CHARPENTIER SCEV
    J. CHARPENTIER
    Étienne CHÉRÉ
    Julien CHOPIN
    Paul CLOUET
    COLIN
    R.H. COUTIER
    Paul DANGIN et Fils
    André DELAUNOIS
    DÉROUILLAT
    Veuve A. DEVAUX
    Bertrand DEVAVRY
    DIDIER-DUCOS et Fils
    Les CONFIDENCES DE DOM CAUDRON
    DOM PÉRIGNON
    Veuve DOUSSOT
    DRAPPIER
    Philippe DUMONT
    ELLNER
    FLEURY Père et Fils
    FLEURY-GILLE
    R. GABRIEL-PAGIN Fils
    GATINOIS
    Michel GENET
    René GEOFFROY
    GEORGETON-RAFFLIN
    Pierre GOBILLARD
    GONET-SULCOVA
    GOSSET
    GRASSET-STERN
    HAMM
    HENIN-DELOUVIN
    HUGUENOT-TASSIN
    L. HUOT Fils
    JACOB Robert JACOB Robert
    JACQUART
    JANISSON et Fils
    JEAUNAUX-ROBIN
    KRUG
    LAFORGE-TESTA
    LAMBLOT
    Veuve J. LANAUD
    P. LANCELOT-ROYER
    LAURENT-GABRIEL
    Lucien LEBLOND
    LECLERC-BRIANT
    LEGRAS et HAAS
    Jean-Pierre LEGRET
    Michel LENIQUE
    Veuve Maurice LEPITRE
    Laurent LEQUART
    LOMBARD et Cie
    Philippe de LOZEY
    Rémy MASSIN et Fils
    Jean MICHEL
    Claude MICHEZ
    Charles MIGNON
    Pierre MIGNON
    MOËT et CHANDON
    MOREL Père et Fils
    MORIZE Père et Fils
    Yvon MOUSSY
    Pierre PAILLARD
    PANNIER
    Hubert PAULET
    Jean-Michel PELLETIER
    PERSEVAL-FARGE
    Pierre PETERS
    PHILIPPONNAT
    G. PIERRARD
    POL-ROGER
    PRESTIGE DES SACRES
    PRIN Père et Fils
    Eugène RALLE
    Gaston REVOLTE
    ROBERT-ALLAIT
    A. ROBERT
    ROEDERER
    ROYER Père et Fils
    RUFFIN & Fils
    René RUTAT
    SOURDET-DIOT
    de SOUSA et Fils
    Zoémie de SOUSA
    TAITTINGER
    de TELMONT
    THÉVENET-DELOUVIN
    Alain THIÉNOT
    THIERCELIN
    Diogène TISSIER et Fils
    Michel TURGY
    Coopérative UVCB
    Jean-Marc VATEL
    VAUTRAIN-PAULET
    de VENOGE
    VERRIER & Fils
    Maurice VESSELLE
    VINCENT D'ASTRÉE
    VOLLEREAUX
    WIRTH & MICHEL

     

     

     

     

    Le climat champenois

     

    Hivers assez doux, printemps incertains, étés chauds, automnes relativement beaux. Cependant une influence septentrionale et continentale s’exerce déjà, dont l’âpreté et la rigueur sont adoucies par celles des effluves maritimes provenant de la Normandie, de la Picardie et de l’Île-de-France voisines. La température moyenne annuelle est de 10 °C. Les forêts et les bois qui couvrent les plateaux environnants entretiennent une certaine humidité et tendent à stabiliser les températures. C’est un rôle modérateur essentiel car la vigne doit sa vigueur à cette humidité constante. Le vignoble est planté à une altitude qui varie entre 130 et 180 mètres, ce qui la préserve dans une certaine mesure des gelées de printemps associées aux brumes matinales qui s’attardent dans les vallées.

     
     
     

     

    Le sol

     

    Le vignoble champenois est établi sur le calcaire. Les grands crus reposent, en général à mi-coteau, sur une mince couche d’éboulis provenant des pentes tertiaires, où affleure la craie du crétacé supérieur avec ses fossiles caractéristiques (bélemnites), en un bloc atteignant 200 m d’épaisseur et parfois davantage. Cette assise est recouverte par une couche de terre meuble et fertile, d’une épaisseur variant entre 20 et 50 cm. La craie en sous-sol assure un drainage parfait permettant l’infiltration des eaux en excès, tout en conservant au sol une humidité suffisante. De plus, elle a la faculté d’emmagasiner et de restituer la chaleur solaire, jouant ainsi un rôle régulateur extrêmement bénéfique à la maturité, complémentaire de l’action stabilisatrice des bois et forêts déjà notée. C’est enfin à la craie, avant tout, que les vins de Champagne doivent leur finesse et leur légèreté. Sur les coteaux orientés au midi ou au sud-est qui l’abritent de leurs épaulements, la vigne prospère, protégée des vents du nord, généreusement offerte au soleil. La lumière, d’une exceptionnelle intensité, est réverbérée par cette terre claire qui réfléchit la chaleur du soleil : les grappes mûrissent entre les rayons et leurs reflets.

     
     
     

     

    La culture

     

    Au sein d’une zone délimitée par la loi française du 27 juillet 1927 (35 000 ha d’appellation dont seulement 31 000 plantés en 1995), les plantations nouvelles comme les replantations sont réglementées : le droit de plantation nouvelle résulte d’une autorisation ministérielle accordée très parcimonieusement ; le droit de replantation nécessite d’avoir préalablement arraché, à l’intérieur d’une même exploitation, une vigne d’une surface égale.

     

    Au sein d’une même commune ayant droit à l’appellation Champagne, les plantations ne peuvent s’effectuer que dans les parcelles expressément délimitées et non pas sur tout le territoire de la commune comme tel est le cas dans la plupart des autres régions vinicoles.

     

    Une réglementation des plantations favorise une meilleure maturité du raisin et donc une amélioration de la qualité : un écartement inférieur ou égal à 1,50 m entre les rangs de vigne ; une distance de 0,90 m à 1,50 m entre les pieds de vigne d’un même rang ; la somme des écartements et des distances doit être inférieure à 2,50 m. Ces dispositions ont pour but de limiter la vigueur de chaque pied ainsi que sa charge, de sorte que la récolte totale soit répartie sur un plus grand nombre de souches. Une hauteur maximale, par rapport au sol, des bourgeons situés à l’extrémité des prolongements et ce, en fonction du système de taille adopté : taille courte en Chablis et en Cordon : 0,60 m ; taille Guyot et taille de la vallée de la Marne : 0,50 m. Ces dispositions ont pour but de maintenir les raisins assez près du sol pour favoriser leur maturation grâce aux effets bénéfiques de la craie belemnite (rétrocession de la chaleur et de l’humidité emmagasinées).

     

    Une réglementation de la taille qui doit être courte et en fonction du terroir et du cépage :

    - La taille Guyot et la taille vallée de la Marne sont interdites pour les grands crus (100 %) et les premiers crus (99 à 90 %) ; seules les tailles en Chablis et en Cordon de Royat sont admises pour ces crus car elles donnent des raisins de plus grande qualité.

    - La taille du Chardonnay et du Pinot noir doit être impérativement effectuée en Chablis, Cordon de Royat ou Guyot. La taille de la vallée de la Marne est seulement autorisée pour le Pinot meunier.

     
     
    La méthode champenoise

     

    La méthode de la prise de mousse est rattachée généralement au nom de Dom Pérignon, génie gustatif du xviiie siècle, qui réalisa les premiers vins “tumultueux”, emprisonnés dans les bouteilles épaisses, aptes à résister à des pressions de quelque 6 kg. Elle consiste à additionner au vin tranquille obtenu après de subtils coupages et assemblages une liqueur de tirage dont la dose de sucre est définie selon le type de produit que l’on désire, et d’un levain de levures sélectionnées. Le vin est immédiatement embouteillé et mis en cave à une température de 10 à 12 °C. Une seconde fermentation alcoolique va s’effectuer. Elle durera des mois, et maintiendra le gaz carbonique sous pression dans les bouteilles qui sont alors posées sur des “pupitres” qui permettent de varier à l’infini la position des bouteilles. C’est l’opération de remuage qui consiste à incliner et à tourner les bouteilles. Certains spécialistes “manipulaient” 30 000 à 40 000 bouteilles par jour (aujourd’hui, ce sont surtout des gyropalettes automatiques qui le font) ! Quand le dépôt est rassemblé vers le goulot, il est expulsé à basse température. À la place des centilitres de liquide dégorgés (de 4 à 8), on rajoute une liqueur de complément, la liqueur d’expédition, constituée de vins vieux et de sucre dont la dose varie selon le type de mousseux recherché : brut, sec… Cette vinification ne ressemble à aucune autre puisque les opérations de coupage et de chaptalisation sont les déterminants d’une production de qualité.

     
     
     

     

    La liqueur de tirage

     

    La dose de la liqueur de tirage varie selon le type de “vin de mousse” recherché. Liqueur de tirage : il faut 4 g/l de sucre pour faire 1 kg de pression durant la seconde fermentation.

    - Pour un Champagne : 6 kg de pression, ou 6 “atmosphères”, soit 24 g/l de sucre.

    - Pour les autres mousseux : 4 kg de pression, soit 16 g/l.

    - Pour les pétillants : de 1 à 2 kg de pression, soit de 4 à 8 g/l de sucre.

     
     
     

     

    Les raisins des vins

     

    Le champagne provient de l’utilisation exclusive de trois cépages :

    - Le Pinot noir qui apporte au vin corps et longévité. Le roi bourguignon et champenois. Richesse aromatique, intensité et suavité en bouche. Des vins de très belle évolution. Difficile d’en attendre autant quand on essaie de le planter ailleurs.

    - Le Pinot meunier (noir également).

    - Le Chardonnay (blanc) qui lui confère finesse et légèreté. Le cépage de référence bourguignon et champenois, abusivement planté un peu partout. Très grand cépage, parfaitement adapté aux sols et climats de la Bourgogne, qui produit les plus grands vins blancs secs du monde.

     
     
     

     

    L’étiquette

     

    En plus de l’appellation Champagne, le nom du producteur et éventuellement l’indication du millésime, de la teneur en sucre (brut, sec…) et l’adresse de la marque ou du lieu de production, vous lirez sur les étiquettes de Champagne les initiales suivantes : N. M. (marque principale appartenant à un négociant-manipulant), M. A. (marque “secondaire” appartenant à un négociant-manipulant ou à un négociant qui commercialise le Champagne d’un autre négociant ou d’un vigneron, ce qui leur permet d’écouler leurs bas de gamme), R. M. (récoltant-manipulant. Champagne vinifié et vendu par un propriétaire ), C. M. (coopérative de manipulation. Champagne de coopérative).

     
     
     
     
      Guide des vins
    Guide des vins
    Millesimes
    Millesimes
    Journal du Vin
    Guide du Terroir
    Vins du siecle
    Diététique

     

    Le Champagne à table

     

    Pour le Champagne, s’il est bien sec, à l’apéritif ; s’il est demi-sec ou doux, au cours d’un repas ou en dessert (fruits et pâtisseries). Les inconditionnels peuvent faire tout un repas au Champagne, délaissant néanmoins les viandes rouges ou le gibier. Un vin idéal avec des crustacés, ou, s’il est plus charpenté (une cuvée de Prestige), sur un poisson en sauce ou un feuilleté de turbot. Le Champagne rosé s’apprécie sur une viande blanche ou sur un gâteau au chocolat (pas trop sucré).

     
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